Noam Chomsky: Les Etats manqués : Abus de puissance et déficit démocratique
Michèle Cotta: Cahiers secrets de la Ve République : Tome 2, 1977-1986
Michel Falise: Démocratie participative : Promesses et ambiguïté
Jonathan Littell: Les Bienveillantes - Prix Goncourt et Prix du roman de l'Académie française 2006
Gilles Manceron: Marianne et les colonies : Une introduction à l'histoire coloniale de la France
Eric Maurin: Le ghetto français : Enquête sur le séparatisme social
Une très bonne étude pour l'avenir!
Dominique Méda et Alain Lefebvre: Faut-il brûler le modèle social français ?
Bruno Saura: Des Tahitiens, des Français : Leur représentation réciproque aujourd'hui
Un congrès historique ?
Ce 75ème congrès du Parti Socialiste, qui s’est déroulé à Reims ce week-end laissera sans nul doute quelques stigmates. ..
A commencer sur nos heures de sommeil ! Les nuits sont courtes, non seulement lors du congrès national mais davantage pendant toute cette période de démocratie interne.
Celle du samedi, appelée la nuit de la Commission des résolutions, est incontestablement la plus longue car la plus déterminante. En effet, même si intellectuellement, nous entendons les mots entre les lignes, nous reconnaissons les signes extérieurs, les gestes qui ont une portée et de fait, nous indiquent les orientations qui seront portées lors de cette longue traversée nocturne. Nous plaçons, pourtant et résolument, notre confiance en nos responsables, car justement, responsables.
A ce titre, ils nous représentent. Ils nous représentent avec les messages que nous leur avons délivrés : tout d’abord, par nos votes, mais aussi, par les échanges à travers les différentes réunions qui gravitent autour de la salle plénière ! Ces réunions formelles ou pas mais dans lesquelles nous exprimons la manière dont nous souhaitons que nos responsables se comportent.
Nous sommes confiants donc et dans le contexte de ce congrès, bien davantage.
Pour quelles raisons ce congrès se révèle t’il essentiel pour l’avenir du Parti Socialiste ?
Il est vrai que nous sommes à la croisée des chemins. Nous héritons pour une part, d’une situation nationale confuse, en mutation. L’individualisme qui a muté en l’idée qu’aujourd’hui pour s’en sortir, c’est le système du chacun pour soi qui prime. Les esprits mangent, boivent, se gavent parfois, des phrases toutes faites, des idées reçues sans prendre le recul nécessaire sur le contenu. Les médias dont nous avons besoin mais qui cassent, qui orientent de manière inéluctable ce que l’opinion doit penser. Un paradoxe dans cette mutation de l’individualisme puisque le fait médiatique dit « quoi penser à tous » !
La place du politique est abominable dans ce contexte. Une véritable ségrégation intellectuelle se conjugue et l’application de la pensée « Sarkozienne » a lamentablement gagné. Celle qui consiste à broyer les clivages idéologiques, pire, à distiller que l’idéologie, du moins ceux qui en font, s’avèrent grégaires, dépassés. « Les gens ne lisent plus, ne nous écoutent plus », « à quoi ça sert » mais dans le même temps, les élu(e)s locaux, les quelques véritables militants restants sont chaque jour soumis aux plaintes, aux interrogations « pourquoi ces impôts », « pourquoi ce chômage », « pourquoi pas de places en crèche », « pourquoi la Poste est-elle fermée » . La Droite ne pense plus puisque le « Chef » parle et les soldats exécutent. Le « Chef » tousse, et ils sont tous enrhumés. Le « Chef » arbitre au gré de la pensée ambiante, indiquée via les sources médiatiques, à coup de sondages. Nous sommes dans l’instantané, souvent dans l’improvisation sans avoir une vision, ne serait ce qu’à court terme.
Le constat se veut volontairement grave car cet état de fait est grave. Il l’est suffisamment pour toutes et tous ceux qui se sont engagés en Politique mais surtout pour celles et ceux que cette manière de gouverner et diriger, détruit.
L’engagement militant, qu’il se fasse via la Politique, le syndicalisme ou, dans l’associatif est un engagement qui ne s’improvise pas, qui ne se commande pas. Il part de convictions et d’envies. Naïvement, il se construit pour changer un peu la donne puis évolue pour entendre les mutations de la société et l’accompagner à notre niveau, du mieux que nous pouvons.
L’engagement au Parti Socialiste est celui qui nous oriente sur une vision de la société qui ne soit pas celle où « le chacun pour soi » préside mais bien qu’il existe une articulation sociale respectueuse de tous. Une société qui ne supporte pas que les plus faibles soient oubliés, une société qui inclue et qui permet au plus grand nombre de s’organiser dans sa vie, sa vie professionnelle, familiale, citoyenne..
Pour toutes ces raisons, je suis convaincue que nous avons besoin du Parti Socialiste. D’un Parti Socialiste composé de forces militantes mais aussi indiquant la voie, forte des valeurs qu’il prône, des valeurs engrangées dans notre Histoire et des progrès que nous avons accompli, toujours en accord avec notre Temps. Cela veut-il dire accepter tout et n’importe quoi sous ce prétexte ?
Notre temps ne veut pas dire accepter ce que Sarkozy en fait, mais bien de redonner une vision politique, cassant cette manière d’aborder la société, redonnant de l’idéologie dans nos échanges, nos pratiques. Bref, faire de la politique. Celle qui parle à tout le monde, celle qui dit ce que les lois peuvent prévoir, doivent prévoir, celle qui donne la capacité à chacun de se retrouver dans cette société, celle qui émancipe, celle qui n’a pas honte des idéaux.
Oui le Parti Socialiste prend le risque du débat, de s’exposer…Mais les débats ont toujours été sains pour avancer. De ces clivages, il faut en faire une force.
Là était l’Etat d’esprit de Martine Aubry et là est sa volonté aujourd’hui. Elle est celle qui remet ces espoirs en marche, qui nous a permis de dépasser tous les clivages anciens, ces parasites de l’évolution. Nous avons travaillé collectivement, avec la même cohérence…C’est la raison pour laquelle les propositions de la Motion D me paraissent être celles qui portent notre avenir. Pas l’avenir du fait que Sarkozy gagne, mais bien que le Parti Socialiste soit au devant de toutes les batailles et soit force de propositions.
Mon état d’esprit était celui de la construction et je n’ai vraiment pas compris l’issue de cette nuit des résolutions.
Certes, il apparaît de manière évidente, que la conception même de la politique déclinée par Ségolène Royal n’est pas la mienne et que dans ce cas, nous ne ferions pas une synthèse avec elle.
Je ne stigmatise pas celles et ceux qui la choisissent, je ne la stigmatise pas elle en tant que personne mais en sa qualité de responsable. Elle porte en elle la responsabilité de répondre à l’envie des médias, celle de rejouer le match de la présidentielle de 2007.Et là, pas d’inquiétude, nous savons par avance, qu’il n’y aura pas la possibilité de jouer « la belle » car à ce jeu, Sarkozy détient plusieurs années d’avance !!!
Elle porte en elle le clivage, la responsabilité de ne pouvoir rassembler car elle n’a rassemblé que 29% des militants. Vous rendez vous compte qu’il existe en dehors de cela, 70% de militants qui souhaitent au contraire, un retour à nos valeurs, et un retour du politique. Peut être juste une manière de mieux respecter le travail de plusieurs générations avant nous et de milliers de militants.
Ensuite, il a existé des nuances sur la manière dont ce retour doit s’opérer. Et là, je ne comprends pas pour quelles raisons ces nuances n’ont pas trouvé de solutions. Et là, je maintiens que certains ont prit la responsabilité de placer le Parti Socialiste dans une situation difficile à l’intérieur mais surtout à l’extérieur.
L’attitude de Benoit Hamon est irresponsable. Je le dis. Je suis en colère contre lui surtout qu’à aucun moment des discours, le sien et celui de Mireille Le Corre, je n’ai entendu de divergences profondes avec la démarche de la Motion D et A. Il maintenait coûte que coûte sa candidature, faisant fi du reste, car je suis persuadée qu’il a joué la carte du duel avec Royal et donc, préalablement, celle qui le mettra au devant de la scène dans 3 ans. Je ne suis pas certaine que ce soit l’avis de ses militants, du moins, de toutes celles et de tous ceux qui se sont portés sur la Motion C.
L’absence d’un candidat de la Motion A, de fait, ne laissait pas le choix à un candidat issu de nos rangs de se présenter. Et toujours en cohérence avec sa démarche initiale, Martine Aubry, sincèrement affectée par le fait de ne pas avoir trouvé de consensus constructif a prit ses responsabilités. Et elle doit recevoir l’ensemble de nos soutiens.
Non seulement, il s’agit d’une candidature qui porte la conception exprimée par la majorité des militants et donc plus à même de rassembler mais aussi, celle qui porte la conception que j’ai décrit. Celle de l’idéologie, du combat d’idées, de l’engagement militant respecté, du Politique avec un grand P.
Il n’y a qu’à entendre la provocation voulue de Ségolène Royal, samedi et je vous invite à toutes et tous la diffuser pour prouver, s’il en est aujourd’hui besoin, qu’elle ne peut être celle qui peut nous mener vers un avenir plus serein et plus respectueux des attentes de la population, sur ce que nous devons leur proposer pour qu’il regarde demain avec envie et non craintes.
Stéphanie Atger
Qu'il est bon d'être contemporain lorsque nous sommes témoins d'un tel événement historique. Moi qui regrette souvent toutes ces personnes qui ont marqué l'Histoire mais qui ne sont pas de mon époque. Tous ces grands écrivains, politiques (Blum, Jaurès, De Tocqueville, Locke, Rousseau, etc......) qui n'ont pas fait partie de notre siècle. Bref! Vous savez à quel point je peux aimer l'Histoire....La plupart de mes notes en parlent...(Soyez curieux!!)
Je salue cette élection. Je l'ai suivi. J'ai espéré ce signe outre-atlantique au delà des craintes que suscitent toujours un tel engouement. Ce rapport à un Homme, vu comme un Etre providentiel m'inquiète plus que cela ne me rassure.
Toutefois, cette élection veut tellement dire..Non seulement pour le symbole qu'il représente. Les américains, que l'on dit se traîner pour aller aux urnes, se sont déplacés en masse. Les américains, qui ont une Histoire douloureuse, construite pour une part, sur des drames humains, tel que l'Esclavage, ont choisi un Noir.
Pas un métisse, là bas, cette notion n'est pas reconnue.Mais un "black"..Quel message!!
Il soulève tant d'espoirs dans le Monde..que forcément, beaucoup seront déçus mais je suis certaine, au delà d'aspects plus durs de ses orientations politiques, qu'il aura l'Honnêteté pour lui. Qu'il aura son ouverture d'esprit pour lui et qu'il saura le partager..
J'entends déjà tous les rapprochements que l'on voudrait faire avec la situation politique française..Mais pourquoi ne cessons nous pas ces bêtises? Les cultures sont trop différentes pour émettre une quelconque comparaison.J'entends déjà les tentations françaises de se servir de Barack Obama pour faire rêver les français faute de quoi les faire rêver par les politiques appliquées!Mais nous ne sommes pas les Etats Unis, en rien
Je dirai juste que si nous devions nous inspirer de cette brillante victoire..Inspirons nous des messages envoyés : espoir, honneté, ouverture sur les autres, dépassement de tous les clivages ethniques..Il s'agit d'un grand homme politique avant d'être un noir.
Je dirai,enfin, qu'il s'agit d'un Homme, certes, car l'Election présidentielle aux Etats Unis a un caractère unique, mais qu'il y a toute une équipe derrière, qui a su se rassembler (Merci Hillary) pour mener une démarche à la victoire..Celle du changement!
Une page d'Histoire inconstablement ouverte, maintenant, tout reste à construire..L'héritage de l'administration Bush est déplorable..Le travail à faire est immense...Espérons que le rassemblement tienne...Que le Congrès américain, largement détenu par les Démocrates, le suivra sur le chemin du changement...
Merci à Barack Obama pour ces moments qui nous rendent le sourire et nous redonne espoirs, s'il en est, en la Politique!
A la veille d'un vote qui déterminera les orientations du Parti, Martine Aubry s'adresse aux militants, je vous invite à la lire,

Chère camarade,
Cher camarade,
Dans quelques jours, tu vas voter pour le 75ème du Parti socialiste.
Je veux te le dire avec force et même une certaine gravité : rarement un congrès n’aura été aussi important.
Car nous vivons sans nul doute la fin d’un système. Plus que d’autres encore, les français souffrent, car ils subissent depuis des mois les politiques de Nicolas Sarkozy qui applique avec une détermination aveugle les recettes du libéralisme. Ne nous y trompons pas, l’intervention de l’Etat dans la crise financière n’est pour lui qu’une parenthèse, qui sera sans lendemain. Déjà le budget 2009 ajoute la crise à la crise, avec ses coupes sombres dans les budgets du logement et de l’emploi et un étranglement financier des collectivités locales.
- Le congrès de Reims doit être le congrès des français.
Si je m’engage aujourd’hui en conduisant une motion, c’est que j’ai acquis la conviction, en sillonnant la France à la rencontre des militants, que l’attente des français à notre égard est immense. Nous sommes le principal parti d’opposition. L’alternance se fera autour de nous ou ne se fera pas. A nous d’être à la hauteur !
Soyons-en certains : nous ne pouvons nous contenter de réponses classiques. Le monde a changé. Nos réponses doivent changer. Nous ne pouvons pas être les pompiers du libéralisme, qui tentent d’en réparer tant bien que mal les dégâts. Nous devons reposer les questions essentielles sur le sens que nous voulons donner à nos vies et à notre destin commun. Nous devons être les architectes d’un modèle totalement nouveau qui marque le retour de la puissance publique, du local à l’Europe : l’Homme doit reprendre en main son destin qu’il a abandonné au marché. C’est ce que nous proposons dans notre motion et nous n’avons pas attendu la crise financière pour nous en convaincre. Nous devons réarmer la puissance publique, mais aussi la moderniser pour être plus efficace et plus apte à prendre en compte les aspirations individuelles.
Mais changer nos réponses ne veut pas dire abandonner nos valeurs, que nous avons à tort parfois laissé s’émousser. Ce nouveau modèle, pour nous, doit avoir la question sociale au cœur. Sauver l’Ecole de la République, redistribuer les richesses – en commençant par augmenter les salaires et en engageant une grande réforme fiscale –, restaurer le droit à l’emploi, au logement ou à la santé, sont des priorités absolues. J’y ajoute l’impératif écologique. A l’heure des pénuries de matières premières et de la crise énergétique, nous devons prendre la mesure du changement de civilisation et traduire notre volonté en actes et en propositions. Garder nos valeurs, c’est aussi savoir prendre des positions courageuses comme, par exemple sur l’immigration, en refusant de cautionner par notre silence la peur de l’autre et l’intolérance.
Et puis, comment ne pas parler de l’Europe ? Elle fait partie de l’identité socialiste. Mon souhait le plus ardent est que se lève une nouvelle génération pour retrouver l’enthousiasme des pères fondateurs pour une Europe politique, sociale et humaniste, en son sein et au-delà des frontières. Une Europe qui défende des règles mais aussi la paix alors que les deux blocs s’affrontent à nouveau et que le choc des civilisations défendu par Georges BUSH fait des dégâts considérables.
Oui, cher(e) camarade, si la motion que je conduis recueille une large adhésion des militants, nos valeurs, nous les retrouverons. Vous pouvez me faire confiance. J’ai le cœur bien ancré à gauche, et depuis longtemps. Et nos conquêtes - les congés payés, l’abolition de la peine de mort, la décentralisation, la parité, le PACS, le RMI, la CMU, l’APA, les 35H, la décentralisation… nous les assumerons, nous les défendrons avec fierté et nous les prolongerons !
- Le congrès de Reims doit être le congrès du renouveau du parti socialiste.
Si je m’engage aujourd’hui, c’est aussi parce que je crois profondément que nous ne regagnerons pas la confiance des français si nous continuons à fonctionner comme avant au parti socialiste. Confrontés à cette crise du libéralisme et à cet échec patent de Nicolas Sarkozy, les français devraient se tourner vers nous. Ils ne le font pas ! Nos candidats sont plébiscités dans les urnes localement. Ils sont boudés nationalement : cela fait 20 ans que nous n’avons pas gagné une élection présidentielle et 11 ans une élection législative !
Oui, nous devons profondément changer. En commençant par dépasser les clivages du passé. Croit-on que nous avons la moindre chance d’être entendus des français si nous ne nous entendons pas nous-mêmes ? Tout le monde dit : « il faut rassembler ». Nous, nous avons déjà apporté la preuve de notre volonté de fédérer en réalisant un large rassemblement. La motion D, c’est la motion du dépassement des anciens clivages et des vieilles querelles. Le Congrès de Rennes de 1990, le référendum interne de 2004, la primaire de 2006 : c’est fini. Tournons-nous vers l’avenir !
Au-delà, je veux un parti qui se remet au travail et qui retrouve le goût du débat. Nous proposons d’organiser cinq grandes conventions nationales pour bâtir notre projet. Un parti qui sait prendre des décisions et les faire respecter lorsque le débat a eu lieu et les faire respecter. Je veux un parti qui met un avant une nouvelle génération de militants aux couleurs de la France. Un parti dirigé par une équipe large, soudée, qui parle d’une même voix. Je veux un parti qui fait revenir les créatifs, les intellectuels, les syndicalistes et les militants qui se sont éloignés de nous. Un parti qui saura inventer une nouvelle alliance de toute la gauche pour préparer l’alternance. C’est l’enjeu central, le reste viendra après. La présidentielle ce n’est ni aujourd’hui, ni demain, mais après-demain et nous aurons des primaires aussi ouvertes que le permettra le dialogue avec nos partenaires.
Cher(e) camarade, nous avons à construire l’avenir du Parti Socialiste, l’avenir de la gauche et l’avenir de la France. Tu peux compter sur mon entière détermination et sur celle des signataires de la motion D pour y mettre toute notre expérience et nos forces, et ne jamais nous détourner de cet objectif.
Alors rejoins-nous et construisons cet avenir ensemble !
Martine Aubry
Nous le savons, entre la France et les Etats Unis, c'est la ritournelle chantante du "Je t'aime, moi non plus"car entre les pays, soit il y a "amour", soit il y a "clivage"! Mais je persiste à penser que aussi vrai que les Etats Unis connaissent mal la France ou l'Europe en général, la France connaît peu ou mal les Etats Unis...
Pour tenter de désamorcer les "clichés", "malentendus", je vous invite à cette lecture d'André Kaspi : "Comprendre les Etats Unis d'aujourd'hui"..
Je ne me risquerai à un essai sur les raisons qui me motivent à suivre de manière assidue les prochaines élections américaines..Je l'ai dit dans plusieurs de mes notes..Pour changer véritablement la donne aux Etats Unis, il faudrait une réforme constitutionnelle majeure mais compte tenu de l'existant..C'est comme nous faire croire que l'on pourra facilement réformer le Sénat!
Je suis loin d'être américanophile mais je suis loin aussi de l'américaphobie! Je ne les connais pas assez, voilà tout et de ne pas les connaître, me le rends attrayants!
Puis, le charisme de Barack Obama..Non que je tombe dans la "Obamania" convenue mais bien parce qu'il irradie d'espoirs toutes celles et tous ceux qui s'en approchent..Car de son histoire à lui, il suscite déjà respect et nouveau..Un enfant issu d'un couple de deux couleurs pouvant pousser la porte de la Maison Blanche reste en soi, un événement historique sans précédent...
Il ne faudrait pas en oublier les réalités qui auront raison assez vite, s'il venait à être élu, de lui et des espoirs considérables qu'il a soulevé..Tout simplement car il sera confronté aux mêmes dilemmes que ceux de Clinton avant lui...
Pourtan l'élan, ce vent frais fait un bien fou, non seulement, à l'ensemble des minorités, visibles ou non mais pas seulement..Tout simplement, il existe en ce monde, des Etres rares capables de redonner vie aux espoirs et à regarder l'avenir sous un angle de lumière..
Merci à lui et attention aux électeurs.J'espère qu'ils ne se laisseront pas endormir par les sondages, qui le donne largement en tête mais qui risqueraient de démobiliser son électorat..La vigilance est de mise..Mais comment puis je le crier?!!
Ma plus grande angoisse, bien qu'elle ne soit pas la seule,réside dans la mobilisation des militants.
Ce que je nomme, le rouleau compresseur médiatique fait une fois de plus son effet! La crise financière passe par là, avec dans son sillage, les effets directs ou indirects sur la crise économique et l'ensemble de la stabilité et des équilibres nationaux et internationaux.
Dans tout cela, qu'est ce qu'un Congrès du Parti Socialiste?! Dans ce "marasme" général, ce congrès n'intéresse que les plus férus ou les plus ambitieux. Tout dépend des personnalités!!!Tout dépend si l'on fait de son avenir politique une priorité aux dépens de ses propres convictions et engagements.
Ma note sur le Congrès, plus antérieurement, me fait sourire lorsque je constate ce que nous traversons à ce jour, à quelques semaines du vote sur les Motions...
Je vous l'ai dit, j'ai choisi la Motion D, celle portée par Martine Aubry..Je l'ai choisi sur mes convictions, en prenant en compte mes propres interrogations et la manière dont les textes y répondaient ou non..J'ai choisi également par fidélité à une personnalité politique que j'ai toujours soutenu....
Car de mes interrogations sur les alliances politiques du PS par exemple...
A savoir, l'alliance avec le MODEM. La motion est claire à ce sujet et pour répondre aux offensives lâches, sachez que la liste de Martine Aubry aux municipales de Lille a signé un accord avec la liste du Modem avec un accord politique sur l'ensemble des engagements surtout celui des valeurs défendues par notre organisation....Je crois que l'alliance avec le Modem est un thème majeur pour l'avenir...Je voulais être rassurée là dessus...
De mes interrogations sur l'Union Européenne, moi, qui ai milité farouchement pour le "OUI" et parfois contre mes propres copains, qui eux, avaient eu la subtile idée de ne pas respecter le vote des militants...Je n'ai aucun souci sur les convictions de Martine Aubry à ce sujet..J'en avais, bien entendu, pour quelques uns de ses alliés..Et c'est le seul facteur qui m'a arrêté initialement..J'ai compris mon erreur en lisant la Motion et les motivations qui animent cette dernière..L'idéal socialiste est Internationaliste..L'Union Européenne et sa capacité à évoluer politiquement, institutionnellement, ainsi que dans les coopérations militaires est de fait au coeur de nos engagements..Me voilà, là aussi, rassurée!
La cohérence et la solidité politique de Martine Aubry ont fini par me convaincre...Tout est perfectible mais pour moi, il s'agissait de choisir la motion qui me ressemblait le plus..Celle qui me convainc, détachée de visées personnelles et ambitions cachées...
Je vous invite à lire la Motion sur le site : www.changeragauche.net
J'ai fait un choix, enfin! Ce choix a necessité de longues heures de concertation avec moi-même,d'échanges parfois tumultueux mais, enfin, j'ai signé la Motion dont la première dépositaire est Martine Aubry!
Pour celles et ceux qui me connaissent, qui viennent de traverser à mes côtés ces longs mois d'"errance" au sein du Parti, ces nombreuses hésitations, ces remises en question, ces réflexions quant à l'avenir, ce choix ne sera qu'une demi surprise. Martine Aubry est la personnalité politique pour laquelle j'ai le plus de respect, d'attentions et de loyautés. C'est en premier lieu une affaire de personne..Toutefois la raison du coeur ne s'est pas exclue de la raison tout court...
De coeur, oui et avant tout..Mon parcours "politique" est lié de manière plus ou moins étroite avec les évolutions de Martine Aubry. Je regrette souvent de ne pas toujours l'avoir défendu plus ardemment mais idéologiquement, je porte ses marques. Des marques qui depuis 2002 ont été des stigmates tant son éloignement de la scène politique nationale m'a été douloureuse. La solidité de ses convictions, de ses idéaux m'ont accompagné malgré d'autres choix de signatures par le passé...
Puis la raison tout court...Je ne vous cache pas ne pas m'être reconnue dans la démarche des reconstructeurs en tout premier lieu...Je me souviens de ma déception lors du rassemblement du 1er juin à Paris, cette grande messe d'une famille unie et heureuse dont les "fabiusiens" m'avait mis le moral en berne..Nous sommes affaiblis avant ce congrès, nous le serons davantage à son issue..Seule idée tenace qui m'a animé pendant tout l'été...Comme beaucoup, je n'avais pas digéré, oublié, pardonné l'épisode de la campagne du Traité Européen...Ces personnes qui aujourd'hui parlent de discipline..!!C'est un peu "l'hôpital qui se fout de la charité" me suis je répétée....
Puis quoi d'autre que le rassemblement peut faire de ce congrès, un congrès porteur..J'ai tout d'abord compris la démarche, celle de dépasser les clivages qui n'ont eu de cesse de ternir notre image..Après tout, l'Union Européenne, l'impasse institutionnelle et politique dans laquelle elle se mure, relève d'une responsabilité collective et non le fait de ce triste épisode du Traité. Il fallait une bonne fois pour toute en sortir...Et la démarche des "reconstructeurs" est la plus porteuse...
Le fond ensuite...Nul besoin d'avoir attendu les évolutions de la crise financière...La motion D, ses constats, ses propositions sont lucides...Martine Aubry a toujours gardé son cap...
Nous avons besoin de personnes responsables, qui n'ont pas à s'excuser d'être de gauche ou à s'affranchir de l'idéologie dominante où nous aurions pour obligation de souscrire au risque d'être mis à la marge..
Nous avons besoin de vérité, de ligne politique affirmée...
Nous avons besoin de nous retrouver et les dernières réunions, échanges au sein de la motion D ont réussi cela...
A nous aujourd'hui de convaincre qu'il s'agit de la meilleure orientation pour l'avenir, des militants, de nos idées, du débat, de la politique..
Les frontières partisanes, aussi infimes soient elles, n'ont pas raison des qualités politiques et personnelles que l'on peut retrouver en un Etre tel que Madame Taubira...
Il y a longtemps que je contemple son parcours et davantage depuis le dépôt de son rapport relatif aux accords de partenariat économique entre l'Union Européenne et les Pays ACP, en juin 2008...
Un rapport sur lequel la communication elyséenne n'a pas jugé bon de se pencher, combien sommes nous à en connaître l'existence? Mais un rapport qui mérite notre attention tant les enjeux sont importants...
Je suis touchée par ces questions tant il devient insupportable de constater les inégalités transfrontières croître devant une indifférence convenue..Mon identité, mes cultures, mon parcours et ce que je défends depuis tant d'années font de cette rencontre, une très belle rencontre...J'espère que j'aurai d'autres occasions d'échanger avec cette grande parlementaire...
Le vote, certes très juste, mais tout de même favorable, permet l'adoption du projet de loi relatif à la modernisation des institutions de la Vème République..Alors que les travaux auraient pu permettre aux socialistes de sortir par le haut de ces débats, en mettant notamment en avant nos propositions et nos regrets quant à un texte pas assez novateur, en dépassant également le clivage "gauche-droite", totalement infondé ici....
On souhaite "condamner" uniquement un de nos parlementaires pour avoir maintenu sa liberté de penser..Que lui seul peut supporter ou non..Pour avoir choisi en sa conscience ce qui lui semblait le bon choix...Un parti qui sanctionne pour choisir ses convictions est une démarche que je trouve totalement absurde et ridicule..C'est à lui seul qu'appartient le fait de regretter son éloignement de sa famille ou pas...
Au lieu de s'insurger contre cet autre projet de loi, validé hier soir sur le recul social du temps de travail des cadres ou sur l'affaire nauséabonde "Tapie",ou bien dénoncer ce qui manque à ce texte et pourquoi il ne fallait pas le valider....Voire de regretter la position des radicaux, vendus aux plus offrants..et qui nous ramène aux problématiques des futures alliances politiques...Nous préférons cette démarche qui fera de ce parlementaire isolé un "bouc émissaire"..et de notre parti, un théâtre où la liberté de penser est largement circonscrite....Que celles et ceux qui hésitent à nous rejoindre pour lutter contre la politique menée, soient à la plage..Qui voudrait se coller une telle étiquette?!!!
Je salue l'initiative des députés Valls, Caresche,Le Guen et Gorce pour leur tribune publiée dans le Monde daté du 23 juillet "Occasion manquée pour le Parti Socialiste"....Suis apaisée par ces mots censés...
A quoi sert que nous ayons un projet si nous en sommes réduits à ces échanges..il nous faudra, en plus, tant de temps pour réparer les dégâts causés par la droite....Le temps est précieux et nous en perdons beaucoup..Le sentiment d'être d'une génération de gauche"sacrifiée"prend toute sa dimension lorsque j'assiste à ces tristes interventions...Heureusement, le ridicule ne tue pas.....